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SYNTHÈSE SUR LE LIBRE ARBITRE Seule une marionnette qui ne voit pas ses propres cordes croit au libre arbitre et à la liberté. Les gens se trompent en ce qu'ils pensent être libres ; et cette opinion consiste uniquement pour eux à être conscients de leurs actions, si ils ignorent les causes par lesquelles ils sont déterminés. L'idée de leur liberté c'est donc qu'ils ne connaissent aucune cause à leurs “actions” mais pensent avoir un libre arbitre. L’homme ne se connaît pas lui-même. Il ignore à la fois ses limites et ses possibilités. Il ignore même à quel point il se méconnaît. L’homme a inventé de nombreuses machines et il sait qu’une machine complexe requiert parfois des années d’études avant de pouvoir être utilisée et maîtrisée. Mais il n’applique pas cette connaissance à lui-même, bien qu’il constitue par lui-même une machine bien plus complexe qu’aucune de celles qu’il a inventé. Il entretient envers lui-même toutes sortes d’idées fausses. En premier lieu il ne se rend pas compte qu’il est réellement une machine. L'homme est comme un prisonier, il peut un jour rencontrer sa chance d'évasion, à condition toutefois qu'il sache qu'il est en prison. Mais aussi longtemps qu'un homme se croit libre, quelle chance pourrait-il avoir? Personne ne peut aider par la force à la délivrance d'un homme qui ne veut pas être libre, qui désire tout le contraire en conservant ses habitudes. La délivrance est possible, mais elle ne saurait l'être que comme résultat de labeurs prolongés, de grands efforts et, par-dessus tout, d'efforts conscients vers un but défini. Chez l'homme, les moments de conscience sont très courts, et séparés les uns des autres par de longs intervalles de complète inconscience, pendant lesquels votre machine mentale travaille automatiquement. la conscience est une propriété qui change continuellement. Tantôt elle est présente, tantôt elle fait défaut. Et il y a différents degrés, différents niveaux de conscience. L'homme est une machine, il est rempli d'un tissu d'habitudes, bien que le plus souvent il ne s'en rende pas compte. La conscience chez l’homme, de quelque façon qu’on l’envisage, ne demeure jamais identique. Elle est soit présente, soit absente. Les instants privilégiés de conscience créent la mémoire. Des autres moments, l’homme, tout simplement, ne se souvient pas. Ceci, plus que tout autre chose, crée l’illusion d’une conscience permanente ou d’une perception continue de soi. "Connais-toi toi-même" se réfère à la nécessité de connaître sa propre machine, la "machine humaine". La structure de la machine est plus ou moins la même chez tous les hommes ; c'est donc cette structure que l'homme doit étudier d'abord, c'est-à-dire les fonctions et les lois de son organisme. Dans la machine humaine tout est lié, une chose dépend à ce point d'une autre, qu'il est tout à fait impossible d'étudier une fonction quelconque sans étudier toutes les autres. La connaissance d'une partie requiert la connaissance de l'ensemble. Connaître l'ensemble dans l'homme est possible, mais cela exige beaucoup de temps et de travail . L'activité entière de la machine humaine est divisée en quatre groupes de fonctions nettement définis : les fonctions , intellectuelle, émotionnelle, motrice et instinctive.  On peut dire, en gros, que la fonction du penser travaille toujours par comparaison. Les conclusions intellectuelles sont toujours le résultat de la comparaison de deux ou de plusieurs impressions.  La sensation et l'émotion ne raisonne pas, elles ne comparent pas, elles définissent seulement une impression donnée par son aspect, son caractère plaisant ou déplaisant ou indifférentes. La difficulté de distinguer entre les fonctions est accrue par ce fait que les gens les sentent de manière très différentes. Il est très difficile, si ce n'est impossible, pour des hommes de diverses catégories et de divers modes de perception, de se comprendre mutuellement, parce qu'ils donnent tous des noms différents à une seule et même chose, et le même nom aux choses les plus différentes. De plus, toutes sortes de combinaisons sont encore possibles. Un homme perçoit à travers ses pensées et ses sensations, un autre à travers ses pensées et ses sentiments, et ainsi de suite. Ces différences dans la perception et la réaction aux événements extérieurs produisent deux résultats : les gens ne se comprennent pas les uns les autres, et ils ne se comprennent pas eux-mêmes. La connaissance la plus complète que nous puissions avoir d'un sujet donné ne peut être obtenue que si nous l'examinons simultanément à travers nos pensées, nos sentiments et nos sensations. Dans les conditions ordinaires, l'homme voit le monde à travers une vitre déformée, inégale. un homme qui commence à s'étudier lui-même, s'il découvre en lui quelque chose qu'il n'aime pas, doit comprendre qu'il ne sera pas capable de la changer. Étudier est une chose, changer en est une autre. Mais l'étude est le premier pas vers la possibilité de changer dans l'avenir. Et, dès le début de l'étude de soi, on doit bien se convaincre que pendant longtemps tout le travail consistera seulement à s'étudier. Vous vous oubliez toujours, vous ne vous souvenez jamais de vous-mêmes. Vous ne vous sentez pas vous-mêmes : vous n'êtes pas conscients de vous-mêmes. En vous, ça observe, ou bien ça parle, ça pense, ça rit; vous ne sentez pas : c'est moi qui observe, j'observe, je remarque, je vois. Tout se remarque tout seul, se voit tout seul... Pour arriver à vraiment s'observer, il faut tout d'abord se rappeler soi-même. Seuls les résultats obtenus pendant le rappel de soi ont une valeur. Autrement, vous n'êtes pas dans vos observations. Et en ce cas-là, quelle peut être leur valeur? Le rappel de soi. Quand on dit rappel de soi il s'agit de rappel des soi en tant que division de l'attention : c'en est le trait caractéristique. Lorsque j'observe quelque chose, mon attention est dirigée sur ce que j'observe. Moi →Le phénomène observé. Lorsque, en même temps, j'essaie de me rappeler moi-même, mon attention est dirigée à la fois vers l'objet observé et vers moi-même. Moi ↔ Le phénomène observé. Le problème consiste à diriger l'attention sur soi-même sans laisser faiblir ou s'éclipser l'attention portée sur le phénomène observé. De plus, ce "phénomène observé" peut aussi bien être en moi, qu'en dehors de moi. L'identification. l'une des caractéristiques fondamentales de l'attitude de l'homme envers lui-même et envers son entourage, est : sa constante identification à tout ce qui prend son attention, ses pensées ou ses désirs, et son imagination. L'identification est un trait si commun que, dans la tâche de l'observation de soi, il est difficile de la séparer du reste. L'homme est toujours en état d'identification ; seul change l'objet de son identification.  L'homme s'identifie à un petit problème qu'il trouve sur son chemin et il oublie complètement les grands buts qu'il se proposait au début de son travail. Il s'identifie à une pensée et il oublie toutes les autres. Il s'identifie à une émotion, à une humeur, et il oublie ses autres sentiments plus profonds. En travaillant sur eux-mêmes, les gens s'identifient à tel point à des buts isolés qu'ils perdent de vue l'ensemble. L'identification est notre plus terrible ennemi parce qu'elle pénètre partout. Au moment même où nous croyons lutter contre elle, nous sommes encore sa dupe. Et s'il nous est si difficile de nous libérer de l'identification, c'est que nous nous identifions plus facilement aux choses qui nous intéressent davantage, celles auxquelles nous donnons notre temps, notre travail et notre attention. Pour se libérer de l'identification, l'homme doit être constamment sur ses gardes et impitoyable envers lui-même. C'est-à-dire qu'il ne doit pas avoir peur de démasquer toutes ses formes subtiles et cachées. La considération extérieure.  Il faut prêter attention à l'un de ses aspects particuliers : l'identification aux gens, qui prend la forme de la "considération", et il y a plusieurs sortes de considération. Dans la plupart des cas, l'homme s'identifie à ce que les autres pensent de lui, à la façon dont ils le traitent, à leur attitude à son égard. L'homme pense toujours que les gens ne l'apprécient pas assez, ne sont pas assez courtois, reconnaissants ou polis. Tout cela le tracasse, le préoccupe, le rend soupçonneux ; il gaspille en conjectures ou en suppositions une quantité énorme d'énergie, il développe ainsi en lui une attitude méfiante et hostile à l'égard des autres. Comment on l'a regardé, ce qu'on pense de lui, ce qu'on a dit de lui, tout cela prend à ses yeux une importance énorme. Il considère non seulement les personnes, mais la société et les conditions historiques. Tout ce qui déplaît à un tel homme lui paraît injuste, illégitime, faux et illogique. Et le point de départ de son jugement est toujours que les choses peuvent et doivent être changées. L' "injustice" est un de ces mots qui servent souvent de masques à la considération. Lorsqu'un homme s'est convaincu que c'est une injustice qui le révolte, s'arrêter de considérer équivaudrait pour lui à se réconcilier avec l'injustice.  Il y a des gens capables non seulement de considérer l'injustice ou le peu de cas que l'on fait d'eux, mais de considérer même le temps qu'il fait. Cela semble ridicule, mais c'est un fait : les gens sont capables de considérer le climat, la chaleur, le froid, la neige, la pluie ; ils peuvent se fâcher et s'indigner contre le mauvais temps. L'homme prend tout d'une façon personnelle, comme si tout dans le monde avait été spécialement aménagé pour lui faire plaisir, ou au contraire pour lui causer des désagréments et des ennuis.  Tout cela n'est qu'identification, et on pourrait en citer beaucoup d'autres formes. Ce genre de considération se fonde entièrement sur les exigences. L'homme, en son for intérieur, exige que tout le monde le prenne pour quelqu'un de remarquable auquel chacun devrait constamment témoigner respect, estime et admiration, pour son intelligence, sa beauté, son adresse, son humour, sa présence d'esprit, son originalité et toutes ses autres qualités. Ces exigences se fondent à leur tour sur la notion complètement fantastique que les gens ont d'eux-mêmes, ce qui arrive très souvent même avec des personnes d'apparence très modeste. La conscience. Dans la vie ordinaire, le concept de conscience est pris d'une façon trop simple. Comme si nous avions une conscience. En fait, le concept de conscience morale, dans le domaine émotionnel, équivaut au concept d' intuition intellectuelle dans le domaine intellectuel. Et de même que nous n'avons pas d'intuition intellectuelle, nous n'avons pas de conscience morale. L'intuition intellectuelle  est un état dans lequel l'homme connaît d'une manière immédiate et totale tout ce qu'il sait en général, un état dans lequel il est en mesure de voir combien peu il sait et combien de contradictions il y a dans ce qu'il sait. La conscience morale est un état dans lequel l'homme sent d'une manière immédiate et totale tout ce qu'il sent en général ou peut sentir. Et comme chacun a en lui des milliers de sentiments contradictoires qui, de la réalisation profondément cachée de sa propre nullité, vont jusqu'aux formes les plus stupides et de toutes sortes de terreurs jusqu'à la présomption, la suffisance et l'auto-idolâtrie, sentir tout cela  simultanément ne serait pas seulement douloureux ; ce serait insupportable.  Si un homme dont le monde intérieur tout entier n'est fait que de contradictions devait ressentir à la fois toutes ces contradictions en lui, s'il devait ressentir soudain qu'il aime tout ce qu'il hait et qu'il hait tout ce qu'il aime, qu'il ment quand il dit la vérité et qu'il dit la vérité quand il ment ; et s'il pouvait sentir la honte et l'horreur d'un tel ensemble — il connaîtrait alors cet état qui est appelé conscience morale. L'homme ne peut pas vivre dans un tel état ; il doit, ou bien détruire les contradictions, ou bien détruire la conscience. Il ne peut pas détruire la conscience, mais s'il ne peut pas la détruire, il peut la mettre en sommeil, ce qui signifie que, par d'impénétrables barrières, il peut séparer en lui-même un sentiment d'un autre, ne jamais les voir ensemble, ne jamais sentir leur incompatibilité ni l'absurdité de leur coexistence. Mais heureusement pour l'homme, pour sa paix et pour son sommeil, cet état de conscience est très rare. Dès sa plus petite enfance, les tampons ont commencé à se développer et à se fortifier en lui, lui enlevant progressivement toute possibilité de voir ses contradictions intérieures ; pour lui, par conséquent, il n'y a pas le moindre danger d'un éveil soudain. L'éveil n'est possible que pour ceux qui le cherchent, qui le veulent, et sont prêts à lutter avec eux-mêmes, à travailler sur eux-mêmes, très longtemps et avec persévérance pour l'obtenir. À cette fin, il faut absolument détruire les tampons, c'est-à-dire aller à la rencontre de toutes les souffrances intérieures, qui sont liées à la sensation des contradictions. De plus, la destruction des "tampons" exige elle-même un très long travail, et l'homme doit consentir à ce travail, en comprenant bien que l'éveil de sa conscience s'accompagnera pour lui de toutes les gênes et de toutes les souffrances imaginables. Le concept de conscience morale n'a rien de commun avec celui de moralité. La conscience morale est un phénomène général et permanent. Elle est la même pour tous les hommes et n'est possible qu'en l'absence des "tampons". Du point de vue des différentes catégories d'hommes, nous pouvons dire qu'il existe une conscience de l'homme qui n'a pas de contradictions. Cette conscience n'est pas une souffrance, mais une joie d'un caractère entièrement nouveau, et que nous sommes incapable de comprendre. Un éveil, même momentané, de la conscience morale dans un homme aux milliers de "moi" différents implique obligatoirement la souffrance. Pourtant, si ces instants de conscience se répètent plus souvent et durent chaque fois plus longtemps, si l'homme ne les craint pas, mais au contraire coopère avec eux et tente de les garder et de les prolonger, un élément de joie très subtil, un avant-goût de la vraie “conscience lucide” (dont j'ai parlé sur dans le post sur la réincarnation) percera graduellement en lui. Qui ou quoi dirige? Les actes librement volontaires sont précédés par une modification électrique spécifique dans le cerveau qui commence 550 ms avant l'acte. Les personnes ayant subit des expériences sur l'activité de leur cerveau prennent conscience de leur intention d'agir 350-400 ms après le début de la modification électrique, mais 200 ms avant l'acte moteur. Le processus de l'acte de volonté est donc initié inconsciemment. Mais la fonction consciente peut encore contrôler le résultat ; elle peut opposer son veto à l'acte. Le libre arbitre n'est donc pas exclu. Ces constatations imposent des contraintes quant à la manière dont le libre arbitre peut fonctionner ; il ne serait pas à l'origine d'un acte volontaire mais il pourrait contrôler l'exécution de l'acte. Les conclusions affectent également les opinions sur la culpabilité et la responsabilité. Mais la question la plus profonde demeure : Les actes librement volontaires sont-ils soumis à des lois macro-déterministes ou peuvent-ils apparaître sans de telles contraintes, non déterminés par les lois naturelles et "véritablement libres" ? Le Moi. L'homme , l'homme-machine, l'homme qui ne peut pas "faire", l'homme avec qui et à travers qui "tout arrive", ne peut pas avoir un "Moi " permanent et unique. Son "moi" change aussi vite que ses pensées, ses sentiments, ses humeurs, et il fait une erreur profonde lorsqu'il se considère comme étant toujours une seule et même personne ; en réalité, il est toujours une personne différente, il n'est jamais celui qu'il était un moment plus tôt. L'homme n'a pas de "Moi " permanent et immuable. Chaque pensée, chaque humeur, chaque désir, chaque sensation dit "Moi". Et chaque fois, on semble tenir pour assuré que ce "moi " appartient au Tout de l'homme, à l'homme entier, et qu'une pensée, un désir, une aversion sont l'expression de ce Tout. En fait, nulle preuve ne saurait être apportée à l'appui de cette affirmation. Chacune des pensées de l'homme, chacun de ses désirs se manifeste et vit d'une manière complètement indépendante et séparée de son Tout. Et le Tout de l'homme ne s'exprime jamais, pour cette simple raison qu'il n'existe pas comme tel, sauf physiquement comme une chose, et abstraitement comme un concept. L'homme n'a pas de "Moi" individuel. À sa place, il y a des centaines et des milliers de petits "moi" séparés, qui le plus souvent s'ignorent, n'entretiennent aucune relation, ou, au contraire, sont hostiles les uns aux autres, exclusifs et incompatibles. À chaque minute, à chaque moment, l'homme dit ou pense "Moi". Et chaque fois son "moi" est différent. À l'instant c'était une pensée, maintenant c'est un désir, puis une sensation, puis une autre pensée, et ainsi de suite, sans fin. L'homme est une pluralité. Dans certains écrits religieux il est écris pour parler , de la bête, du diable (le diabole : qui divise) "Mon nom est légion", ceci est une allégorie au différent moi qui habitent et contrôlent l'homme. L'alternance des "moi" leurs luttes manifestes de tous les instants pour la suprématie, sont commandées par les influences extérieures accidentelles. La chaleur, le soleil, le beau temps, appellent aussitôt tout un groupe de "moi". Le froid, le brouillard, la pluie, la douleur appellent un autre groupe de "moi", d'autres associations, d'autres sentiments, d'autres actions. L'homme n'a pas d'individualité. Il n'a pas un grand "Moi" unique. L'homme est partagé en une multitude de petits "moi". Mais chacun d'eux est capable de s'appeler lui-même du nom du Tout, d'agir au nom du Tout, de faire des promesses, de prendre des décisions, d'être d'accord ou de ne pas être d'accord avec ce qu'un autre "moi", ou le Tout aurait à faire. Cela explique pourquoi les gens prennent si souvent des décisions et les tiennent si rarement. Un homme décide de se lever tôt, en commençant dès le lendemain. Un "moi", ou un groupe de "moi" prend cette décision. Mais se lever est l'affaire d'un autre "moi", qui n'est pas du tout d'accord, et qui peut même ne pas avoir été mis au courant. Naturellement, l'homme n'en dormira pas moins le matin suivant et le soir il décidera à nouveau de se lever tôt. Cela peut entraîner des conséquences fort désagréables. Un petit " moi" accidentel peut faire une promesse, non pas à lui-même, mais à quelqu'un d'autre à un certain moment, simplement par vanité, ou pour s'amuser. Puis, il disparaît. Mais l'homme, c'est-à-dire l'ensemble des autres "moi", qui sont parfaitement innocents, devra payer toute sa vie pour cette plaisanterie. C'est la tragédie de l'être humain que n'importe quel petit "moi" ait ainsi le pouvoir de signer des traites, et que ce soit ensuite l'homme, c'est-à-dire le Tout, qui doive faire face. Des vies entières se passent ainsi, à acquitter des dettes contractées par des petits "moi" accidentels. Les enseignements occidentaux à travers les mythes sont pleins d'allégories qui s'attachent à dépeindre, de ce point de vue, la nature de l'être humain. Selon l'un d'eux, l'homme est comparé à une maison sans Maître ni intendant, occupée par une multitude de serviteurs. Ceux-ci ont entièrement oublié leurs devoirs ; personne ne veut remplir sa tâche ; chacun s'efforce d'être le maître, ne serait-ce que pour une minute, et, dans cette sorte d'anarchie, la maison est menacée des plus graves dangers. La seule chance de salut est qu'un groupe de serviteurs plus sensés se réunissent et élisent un intendant temporaire, c'est-à-dire un député-intendant. Ce député-intendant peut alors mettre les autres serviteurs à leur place, et contraindre chacun d'eux à faire son travail : la cuisinière à la cuisine, le cocher à l'écurie, le jardinier au potager, et ainsi de suite. De cette façon, la "maison" peut être prête pour l'arrivée du véritable intendant, qui à son tour préparera l'arrivée du véritable Maître.

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